« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir
de nouveaux yeux. » Marcel Proust
Que dire sur le japon ?
Pays de tous les superlatifs, de tous les paradoxes. Grand écart permanent entre modernité et traditions. Pays qui a toujours un galop d'avance, innovant dans tous les domaines, pratique, sure.
Pays qui surprend à chaque voyage. Que l'on quitte à regret en jetant un dernier regard par dessus l’épaule, en soupirant. Pays qui rend silencieux et pensif dans le bus menant vers l’aéroport. Pays sur-exposé, sur-médiatisé, sur-instagrammé par des ribambelles d'influenceurs(euses) imbéciles, aussi outrageants qu’irrespectueux ... !. Pays que l'on connaît -croit connaître- même sans y avoir jamais mis les pieds, et qui ne cesse de battre des records : victime de sur-tourisme -42 millions de visiteurs par an- il construit le train le plus rapide du monde -603 km/h- et dispose du plus grand hub de transport en commun -Shinjuku 2km2, 200 sorties, une dizaine de lignes, 5 opérateurs, 3,5 millions de voyageurs par jour. Tokyo, capitale tentaculaire, 33 millions d'habitants, un tiers de toute la population du Japon. La grouillante mégalopole, bruyante, brillante. Tokyo, attire inexorablement. Comme une luciole, elle est une illusion confortable pour le voyageur. Une ville qui ne dort et ne s’éteint jamais, ni agressive ni oppressante. Mais Tokyo, dés lors que l'on s'éloigne un peu des centres touristiques sur-fréquentés, offre un tout autre visage : la ville est un interminable labyrinthe de rues étroites, un havre de paix continu hors du temps, silencieux, paisible, surprenant.
La ville reste un lieu de découverte, d'espaces préservés, cachés, inattendus. Au détour d'une rue, d'un parc, d'un temple, là où la frontière entre profane et le sacré s’efface. Tokyo est un champ d’expérimentation photographique infini. Daido Moriyama aime à expliquer sa pratique inspirée du Wabi sabi et du Ma : « c'est la quintessence de l'imperfection, de l'impermanence, de l'instantané et de l'importance du vide qui a autant de valeur que le reste». Photographier le Japon, c’est partir en quête d'une autre idée de la spontanéité où le vide photographique, la simplicité créé une connexion esthétique entre toutes choses, bien loin des diktats esthétiques occidentaux et de ses contingences étriquées.
Que dire sur le Japon ?
Finalement, se laisser porter, monter dans un train et déambuler, marcher encore, observer, écouter, prendre le temps de la pause et puis surtout, se taire et profiter de l'instant fragile et éphémère. Le Japon est un peu notre labyrinthe de Pan, c’est choisir qui l'on est et faire en sorte, comme ce fabuleux pays, de tout donner sans rien demander en retour.